ÉTAT DES LIEUX

LES ENJEUX

Le galet de quartz constitué de silice est contenu dans le sous-sol bourian dans de fortes proportions et sur des surfaces conséquentes car ce sont 6000 hectares de gisement qui sont convoités dont 3000 dénués de toute protection. Cette silice est ensuite transformée, selon un processus industriel, en silicium utilisé comme durcisseur dans l’industrie métallurgique.

Cette convoitise industrielle est attisée par le fait que la France a recentré l’exploitation d’un maximum de ressources minières sur son sol et que cette zone, par sa faible densité de population au km², son isolement et son faible développement, présente de réels avantages pour les industriels et l’administration afin de dissimuler une telle exploitation à l’opinion publique et ainsi alimenter une filière industrielle en toute quiétude.

Démontrer à grand renfort de communication démagogique qu’il est possible de réaliser une telle exploitation minière dans une zone quasiment vierge, à fort enjeu écologique, où la biodiversité représente un atout majeur, sans la dénaturer.

Opposer à l’économie locale la création d’emplois que génèrent une telle activité en éludant la sous-traitance, le recours systématique aux intérimaires, en un mot à la précarité.

Démontrer que la vie sociale des habitants de la zone peut être soutenue financièrement par la société minière en distribuant des subventions aux associations de proximité avec la caution des élus locaux. UN procédé tout à fait assimilable aux pratiques coloniales ancestrales.

Ouvrir son site industriel ponctuellement, lors de journées portes ouvertes, pour des visites scolaires ou pour rencontrer les élus et les associatifs, afin de : promouvoir les idées sur l’intérêt économique d’une telle exploitation, de vanter les mérites des réhabilitations et de leurs prétendues préoccupations écologiques.

EN QUELQUES MOTS, AVANCER MASQUÉ, EN SE POSANT EN ACTEUR MAJEUR, INCONTOURNABLE ET INDISPENSABLE A LA VIE LOCALE, POUR EN REALITE, CAUSER UN DESASTRE ECOLOGIQUE MAJEUR EN TOUTE IMPUNITÉ.


LES ACTEURS

IMERYS l’exploitant minier qui tient dans sa main un grand nombre d’élus locaux grâce à son lobbying participatif, une administration ne remplissant pas son rôle d’arbitre subissant constamment la tutelle du ministère de l’industrie qui agit systématiquement en faveur de l’exploitant, certains riverains aveuglés par la puissance industrielle et guidés par des intérêts particuliers qui subissent en espérant, au final, en tirer profit, des riverains réfractaires à l’exploitation mais qui préfèrent se taire pour ne pas se mettre en opposition avec leurs concitoyens et les opposants à cette mine qui sont les irréductibles, regroupés en association, qui se sont battus hier contre l’implantation et se battent aujourd’hui contre les extensions et pour la fermeture du site, que l’on tente de marginaliser en les isolant au maximum du reste de la population et en salissant leur combat.


PROPOSITIONS

Tout ce que nous vivons aujourd’hui n’est que la conséquence de la pensée unique du libéralisme qui nie la notion d’intérêt général pour privilégier la somme des intérêts particuliers. Autrefois, les marchands se réunissaient aux portes de la ville, aujourd’hui les marchés sont mondiaux, contrôlés par des multinationales telles qu’IMERYS et plus aucun mur d’enceinte ne les arrête. Donc les compromis de gestion public/privé sont dominés par les prétendus impératifs de marché au profit des intérêts privés, sans aucune considération pour la population contrainte à vivre dans un monde libéral présenté comme la seule alternative.

Les populations doivent se ressaisir et sortir de cette pensée unique dans laquelle on les a enfermées sous peine de le regretter un jour amèrement lorsqu’ils seront totalement inféodés, contre leur gré, à ce pouvoir économique. Il faut donc continuer la lutte, continuer d’informer et de mettre en garde mais pas seulement, il faut structurer un mouvement de résistance active qui oblige les médias à s’intéresser à notre cause et les élus à changer de comportement en se rappelant que chaque député, sénateur, élu local, national ou européen, possède sa part de pouvoir et de responsabilité dont il est comptable devant ses électeurs.

Notre Bouriane a sa propre identité, ses propres atouts qui ont été déjà inventoriés avec la notion de pays Bourian, une dynamique économique et sociale avait été impulsée avant que les élus du département dans la création des communautés de communes ne viennent tout remettre en cause pour nous vendre au lobby industriel minier.

La Bouriane n’est pas à vendre, c’est un territoire rural qui n’a pas besoin des multinationales pour exister, elle possède en son sein ses propres atouts et voies de développement économique et social.

Les élus qui nous gouvernent ont totalement perdu de vue l’aspect identitaire des territoires. Ils ont la folie des grandeurs et répètent à l’infini des schémas expérimentés par d’autres en pensant qu’un copier coller est suffisant pour entrainer une nouvelle dynamique. L’argent public est gaspillé, les projets simples raisonnés à l’échelle du territoire sont enterrés, les entreprises locales sont sacrifiées au profit d’entreprises extérieures beaucoup plus importantes et il n’existe plus aucune cohérence dans le développement économique.

Il faut retrouver cette cohérence qui nous fait cruellement défaut, que ceux qui prennent une initiative, investissent sur le territoire soient certains de n’être plus abandonnés ou vendu à des intérêts supérieurs, mais confortés dans leur entreprise. Que nos jeunes qui désirent rester vivre et travailler au pays, sachent qu’un avenir leur est offert, autre que celui d’aller trier ou laver des galets chez IMERYS pour un SMIC.

Reprenons nous le monde est devenu fou, remettons les pieds sur terre, sortons de cette spirale qui dessert l’intérêt général et cause notre perte.